Paul Badura-Skoda

samedi 19 novembre 2016 à 20h00
Auditorium de Bordeaux

Beethoven

  • Polonaise en ut majeur, op.89
  • Sonate en mi majeur, op.109
  • Sonate en la bémol majeur, op.110
  • Sonate en ut mineur, op.111

Réservations :
sur le site de l’Opéra National Bordeaux
Tarifs : de 10€ à 52€

Paul Badura-Skoda est un vrai viennois, il est né à Vienne le 6 octobre 1927, il a grandi dans la Josefstadt, où il a fréquenté l’école des Piaristes. C’est aussi un enfant de l’Empire, à la double ascendance morave et hongroise. L’Anschluß, puis la guerre n’interrompent pas sa formation, mais marquent sa sensibilité et déterminent son choix : devenir musicien. En 1947, il remporte le 1er Prix du Concours international de Vienne, il fut ensuite lauréat du Concours international de Budapest (1948) et du Concours Marguerite Long-Jacques Thibaud, à Paris, en 1949. Grâce à son prix au concours de Vienne, il a pu aller en Suisse (un miracle pour un autrichien en 1947 !) et travailler avec Edwin Fischer. Cette rencontre a eu une influence capitale sur son évolution artistique et humaine, il devint son assistant et resta proche de lui jusqu’à sa mort en 1960. 1949 marque le début de sa carrière : il joue le Concerto pour deux pianos de Mozart à Vienne le 8 février, sous la direction de Wilhelm Furtwängler et avec sa fille, Dagmar Bella. Tout va alors très vite : Vienne, Salzbourg (1950), les grands chefs, les tournées d’abord en Italie, puis jusqu’en Australie ; en 1952, c’est le premier concert à Carnegie Hall, le viennois devient citoyen du monde. Il fut le premier pianiste occidental invité en Chine après la révolution culturelle, en 1979, il se décrit lui-même avec humour comme "der packendste Pianist", jeu de mot délicat à traduire : le pianiste qui "emballe" le mieux. Le label Westminster se l’attache dès 1950, à cette époque le microsillon longue durée est tout neuf, tout est à enregistrer et c’est le début d’une très belle histoire : plus de 200 disques, avec une sonorité et un équilibre magnifiques, et, de plus, parfaitement distribués, le font connaître partout dans le monde. L’artiste ne se laisse pas étourdir par ces succès. Dans les anciennes classifications du savoir, la musique est une science, et Paul Badura-Skoda, qui a longtemps été tenté par une carrière scientifique, réfléchit en chercheur sur ce langage fascinant et bouleversant. Les éditions dont il dispose sont souvent plus que déconcertantes, les fautes y fourmillent, il se met à examiner les manuscrits autographes, quand ils sont disponibles, il recherche les premières éditions, il étudie les traités. Peu à peu, l’artiste devient musicologue explorant avec un sens critique aigu tous les recoins des œuvres, il a en tête des pans entiers de la littérature pour piano classique, romantique ou moderne. Ses ouvrages sur Mozart - avec sa femme Eva – (1957 ; 2e éd. 2007), sur Beethoven (1970), sur Bach (1990) révèlent à la fois ses connaissances, sa rigueur de pensée et son imagination. C’est la même démarche exigeante – érudition et sensibilité -, quand il complète des Sonates inachevées de Schubert. Mais, la musique n’est pas abstraite, elle doit être jouée. Bien qu’amoureux du grand pianisme, Paul Badura-Skoda va jusqu’au bout de sa recherche sur le langage musical classique et s’essaie au piano-forte : il en devient un grand maître. Il n’est pas abusif de dire que Paul Badura-Skoda a été l’initiateur de la redécouverte des instruments d’époque, les faisant passer du musée au podium : n’hésitant pas à se mettre en concurrence avec lui-même, il enregistre pour Westminster, en 1952/53, deux disques avec les mêmes œuvres de Mozart, l’un sur le pianoforte Walter de Mozart et l’autre sur un Bösendorfer. En 1978, il rencontre Michel Bernstein et enregistre pour lui un disque de "Pièces pour le pianoforte" de Mozart qui paraît en 1979, suivent trois grandes intégrales sur pianoforte : Beethoven (1978-1989), Mozart (1984-1990) et Schubert (1992-1997). De 1966 à 1971, il est artiste en résidence à l’Université de Wisconsin, à Madison, aux Etats-Unis, il utilisa cette période de retraite pour assimiler l’intégrale des sonates de Schubert. Ce fut aussi l’époque de sa rencontre avec Frank Martin : deux œuvres, qui lui sont dédiées, témoignent de leur amitié, le second Concerto pour piano (1970) et la Fantaisie sur des rythmes flamencos (1973). Ces dernières années, entre ses grandes tournées de pianiste et de chef d’orchestre, il s’est attaché à poursuivre l’enregistrement des Concertos pour piano de Mozart, peaufinant, réécrivant ou composant de nouvelles cadences. Ces compositions qui vont être rééditées pour son anniversaire, à Vienne, chez Doblinger, ont peut-être quelque peu occulté ses autres œuvres : une Messe en ré majeur (1948) pour chœur et orgue, une Elégie pour piano (1982) et une Sonate romantique pour flûte et piano (1984). En décembre 2006, il a été nommé Docteur honoris causa à Mannheim (Staatliche Hochschule für Musik und Darstellende Kunst Mannheim), en 2010, à Lima (Pontificia Universidad Católica Del Perú) et en 2013, `Cracovie (Universität Krakau : Akademia Muzyczna w Krakowie).

Les activités pédagogiques ont jalonné sa carrière : Essen (de 1976 à 1981), Vienne (de 1980 à 1993), les grands cours publics qu’ils soient à Moscou, à Pékin, aux Etats-Unis, à l’Ecole normale ou au Conservatoire à Paris, sont autant d’occasions de transmettre cette phénoménale expérience, son héritage, même si ce qui est entre les notes reste toujours bien plus mystérieux que les notes elles-mêmes.

Paul Badura-Skoda est titulaire de nombreuses décorations : Österreichisches Ehrenkreuz für Wissenschaft und Kunst, Grosses Silbernes Ehrenzeichen mit dem Stern für Verdienste um die Republik Österreich, Goldenes Ehrenzeichen für die Verdienste um das Land Wien, il est aussi chevalier de la Légion d’honneur (1993) et Commandeur des Arts et des Lettres (1997). Il est l’actuel détenteur de l’anneau Bösendorfer (Bösendorfer Ring).

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